17 décembre
2003
Madame,
Mademoiselle, Monsieur,
En mars 2002, un neurologue m’a annoncé que je
souffrais d’une maladie neuro-dégénérative
fulgurante et incurable, la Sclérose Latérale
Amyotrophique, connue en France sous le nom de Maladie de
Charcot, aux Etats-Unis comme la Lou Gehrig Desease et la
maladie de Sue Rodriguez au Canada.
Au même moment, j’ai su que je perdrais assez
vite mon autonomie et qu’il fallait que j’organise
ma vie en conséquence.
Un autre neurologue, spécialiste de la SLA, m’a
invité à faire partie d’un Protocole de
recherche pour améliorer ma qualité de
vie et la prolonger peut-être de six mois alors que l’espérance
de vie est de 3 à 5 ans après le diagnostique.
Parmi les faits saillants de cette maladie, notons la paralysie
progressive de tous les muscles volontaires, ce qui, graduellement,
empêche de marcher, de parler, de manger et finalement
de respirer.
Pour vous aider à mieux comprendre, disons que l’an
dernier à la même époque, je jouais au
golf…
Je suis donc passé de l’autre côté de
la clôture, celui de client du ministère de la
Santé.
Je suis traité par des professionnels exceptionnels,
tant par leur expertise que par leur dévouement et leur
soutien continuel.
Notamment le Dr. Monique d’Amour, neurologue à l’Hôpital
St-Luc, Présidente du Consortium canadien de recherche
sur la Sclérose Latérale Amyotrophique, Dr.
Nicole Beaudoin, physiatre à l’institut de réadaptation
de Montréal et mon ami le Dr. Claude Proulx.
Bien qu’il existe des services d’aide, je me suis
rendu compte que cette maladie est soit mal connue, soit mal
gérée.
En mars 2003, suite à une demande de permis adapté,
alors que je pouvais encore conduire quelques mois, on m’a
retiré temporairement mon permis de conduire refusant
d’entendre mon neurologue et mon ergothérapeute à ce
sujet.
Alors qu’un programme d’adaptation du domicile
existe, on a refusé ma demande sous prétexte
que la maladie évolue rapidement et que l’espérance
de vie est trop courte.
Au Québec, la Société de la SLA tente
d’aider les patients et la recherche, mais avec des recettes
de moins de $200,000 par an, c’est infaisable.
Chaque année plus de personnes meurent de cette maladie
que de la dystrophie musculaire, la sclérose en plaques
et la fibrose kystique réunies, vous imaginez la situation…
L’idée d’une fondation à buts non
lucratifs s’est imposée comme le meilleur moyen
de ramasser des fonds additionnels et surtout, de veiller à ce
qu’ils soient bien gérés.
Que l’intérêt soit suffisamment fort pour
recréer, chaque année, des événements capables
de générer des revenus qui seront ensuite répartis
entre les chercheurs et les associations qui aident les malades
et leurs familles.
C’est ainsi qu’une somme de $500,000 viendra,
dans un premier temps meubler la caisse de la Fondation
André Delambre dont le conseil d’administration
est composé de gens d’affaires et de mes deux
enfants Josée et Dominic.
Je tiens à préciser ici que ces argents ne serviront
pas à des fins personnelles. Le conseil d’administration
fera appel à un comité d’experts chargé d’évaluer
les demandes et les besoins de cette maladie.
Grâce à votre générosité,
des malades démunis auront des services et l’équipement
nécessaire ne serait-ce que pour respirer...
Grâce à votre générosité des
chercheurs pourront aller au bout de leur curiosité et
trouveront, un jour j’en suis certain, le remède.
J’aurai alors servi de trait d’union entre le
monde des affaires, celui de la politique et de cette maudite
maladie.
Merci de nous aider, aujourd’hui et demain, à réaliser
tout cela.
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