Une centaine de chercheurs
au Centre de recherche du CHUL (CHUQ) pour le 2e Symposium
de la Fondation André-Delambre (8 et 9
septembre 2006)
La sclérose latérale amyotrophique (SLA), également
connue sous le nom de « maladie de Lou Gehrig » ou « maladie
de Charcot », est une terrible maladie incurable
qui se caractérise par une perte progressive des motoneurones
ce qui entraîne une paralysie progressive et habituellement
la mort par insuffisance respiratoire quelques années
après le diagnostique. Les 8 et 9 septembre dernier,
le Centre de recherche du CHUL (CHUQ) a accueilli le 2e Symposium
annuel de la Fondation André-Delambre sur la SLA. Une
centaine de chercheurs et de cliniciens de plusieurs pays ont
participé à ce Symposium pour discuter des causes
de la SLA et notamment du rôle de l’inflammation
dans cette maladie et les impacts cliniques. Le professeur
Jean-Pierre Julien, l’organisateur du Symposium, avait
invité 22 conférenciers de renommée internationale
en provenance de plusieurs villes (Atlanta, Baltimore, Boston,
Houston, Leuven, London ON, Londres, Madison, Milan, Montréal,
New York, Philadelphie, Québec, San Diego, Toronto,
Vancouver).
Ce Symposium portait sur le thème de l’inflammation
dans la SLA. Ainsi, plusieurs conférenciers du Symposium
ont présenté des données montrant que
la perte des motoneurones dans la SLA n’est pas simplement
un problème intrinsèque aux motoneurones mais
implique aussi une toxicité en provenance de l’entourage
des motoneurones. De récentes découvertes, présentées
par Drs. Appel (Houston), Cleveland (San Diego), Robberecht
(Leuven) Shaw (UBC) et Julien (Laval), suggèrent que
les cellules gliales dans l’entourage des motoneurones
pourraient participer à la dégénérescence
des motoneurones. Une des hypothèses veut que les motoneurones
soient victimes d’un processus inflammatoire nocif impliquant
une production excessive de molécules pro-inflammatoires,
de radicaux d’oxygène et de glutamate par les
cellules gliales. Néanmoins, il y a eu un débat à savoir
si l‘inflammation était nocive ou protectrice.
Soulignons que plusieurs conférenciers ont présenté des
résultats suggérant un rôle protecteur
de certains processus de la réponse immunitaire non
seulement dans la SLA (J.-P. Julien - Laval) mais aussi dans
l’ischémie cérébrale (J. Kriz – Laval),
la maladie d’Alzheimer (S. Rivest, Laval) et la maladie
de Parkinson (S. Przedborski – Columbia NY).
Le Symposium a débuté avec un résumé par
Dr. Robert Brown (Harvard) des causes génétiques
de la SLA. Une percée majeure fut réalisée
en 1993 avec la découverte de mutations dans le gène
pour la superoxyde dismutase (SOD1) chez 20% des cas familiaux
de cette maladie. Depuis cette découverte, de nombreuses équipes
de recherche dans le monde tentent de comprendre comment des
mutations de la SOD peuvent causer la perte sélective
des motoneurones. Plusieurs conférences ont porté sur
les aspects de la toxicité des SOD1 mutants qui peuvent
affecter les voies de signalisation de la mort cellulaire (C.
Bendotti - Milan), le système des chaperonnes et la
dégradation des protéines (H. Durham - McGill),
le cytosquelette de l’axone (C. Miller – Londres,
J. Robertson – Toronto, M. Strong – UWO, J. Glass – Emery/Atlanta)
et l’agrégation des protéines (N. Cashman – Vancouver).
Quelques conférences ont porté sur les nouvelles
approches thérapeutiques comme la thérapie génique,
les facteurs trophiques et les cellules souches (J. Rothstein
- Johns Hopkins, R. Kalb – Pennsylvania, D. Lambrechts – Leuven,
C. Svendsen – Wisconsin). Finalement, après deux
jours d’intenses débats, le Symposium s’est
terminé avec des présentations sur les médicaments
en développement, la validité des souris modèles
et les tests cliniques présentement en cours chez les
patients atteints de la SLA (A. Genge – McGill et M.
Cudkowicz – Harvard). Le riluzole, un composé qui
prolonge la vie des patients SLA de 3 mois, constitue présentement
le seul médicament pour cette maladie. Au cours des
dernières années, plusieurs produits pharmaceutiques
ont échoué à des essais cliniques sur
les patients SLA. Cependant, il y a de l’espoir puisque
plusieurs autres composés sont présentement phase
3 d’essais cliniques. On connaîtra les résultats
de ces tests d’ici deux ans.
Le 2è Symposium de la Fondation André-Delambre
fut un succès non seulement à cause du nombre
de participants mais surtout à cause du haut niveau
scientifique des discussions, de l’enthousiasme des participants
et de la quantité de résultats inédits
présentés par les conférenciers. Ce qui
distingue ce Symposium annuel, c’est l’ambiance
amicale qui favorise les échanges entre participants.
D’ailleurs, une des retombées importante du Symposium
fut l’établissement de plusieurs nouvelles collaborations
entre chercheurs participants. Nous espérons que ces
collaborations permettront à la recherche de progresser
plus rapidement et de se rapprocher de l’objectif de
trouver une approche thérapeutique capable de stopper
cette terrible maladie. |